Masques FFP2 : production et stratégies de prévention, que fait la France ?

Publié le 28 décembre 2021 Dans la catégorie : Communiqués de presse

L’absence des masques ffp2 dans la stratégie française de prévention du covid est incompréhensible. Les ffp2 doivent être utilisés massivement et intégrés à une politique de prévention combinée (vaccins, gestes-barrières, dépistage, isolement, etc.) qui prend en compte les forces et les limites de chaque outil.

Comment se fait-il qu’en France le masque ffp2 semble encore considéré comme un objet sorti du futur alors qu’il est massivement utilisé dans d’autres pays européens pour prévenir les contaminations au COVID ?  En mars 2020, les représentants du gouvernement français parlaient des masques chirurgicaux comme inutiles. Entretemps, ils sont devenus obligatoires dans de nombreux espaces publics.

Depuis le début de la crise, les masques ffp2 sont très peu utilisés en France. Pourtant la protection qu’ils offrent est bien plus élevée que les masques chirurgicaux qui protègent surtout les autres de ceux qui les portent. Les utiliser contre un variant très contagieux est donc logique. Il est incompréhensible qu’ils ne soient pas mis à disposition par l’État, les collectivités ou les employeurs dans les établissements scolaires, les centres d’animation, les restaurants et bars, etc. et à toutes les personnes vulnérables.

Les masques ffp2 sont massivement utilisés dans de nombreux pays, notamment dans certains Länder en Allemagne ou en Italie. Depuis hier, dans ce pays, ils sont obligatoires dans certains lieux notamment dans les trains.  A la rentrée de janvier, ils seront obligatoires et gratuits dans les écoles et les universités. Dès l’automne 2020, ils étaient utilisés par les employé-es aux caisses de supermarchés et par une grande partie des journalistes. Par ailleurs, la participation à certaines émissions de télévision sans masque était conditionnée à la réalisation de tests négatifs.

L’Italie aurait-elle favorisé les masques ffp2 et les tests plutôt que les vaccins ? Non, ce pays a mis en œuvre l’une des campagnes de vaccination les plus « agressives » au monde, avec une obligation de vaccination ou test sur le lieu du travail. Mais ce pays a compris l’intérêt d’une prévention combinée contre le Covid, reposant sur différentes armes.


Réponses à quelques objections :

Ils sont difficiles à porter. « Ils sont difficiles à porter » estiment leurs détracteurs. Outre qu’ils n’ont aucune source pour mesurer l’acceptablité de ce masque, que de nombreux témoignages vont dans le sens contraire, modifier les habitudes et les pratiques est un objectif habituel en santé publique.

Ils sont trop chers. En France, leur prix est en effet un obstacle mais on observe que dans d’autres pays, leur prix se situe entre 50 centimes et 1 euro. Il est à noter que le gouvernement n’a jamais couvert l’achat de masques même chirurgicaux ou en tissu alors qu’ils ont été rendus obligatoires (à part dans la fonction publique). Dans d’autres pays, les masques Ffp2 sont fournis par les employeurs.

La production ne pourrait pas suivre pour une production de masse. L’exemple d’autres pays montre l’inverse. Par ailleurs, il a été révélé que la France avait supprimé 90% de sa production de ffp2 depuis le début de la crise du covid. L’État a le pouvoir de réquisitionner des sites de production peu essentiels pour les orienter vers la fabrication d’outils nécessaires, comme les FFP2. C’est bien à l’État de réguler les prix et d’organiser la production : les responsables politiques et administratifs ne peuvent pas dire après deux ans de crise qu’ils n’étaient pas préparés.

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